Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !

 

 

Lundi 12 février 2007

La suite, donc, avec quelques photos prises à Lijiang, au Yunnan. Ville atroce, bondée de touristes venus prendre un bol de Chine "authentique". Effectivement, avec son architecture traditionnelle plutôt bien préservée, ses maisons en bois, ses canaux qui serpentent entre les maisons, ses étroites ruelles pavées, Lijiang pourrait être séduisante.

Mais c'est compter sans la horde de touristes en tous genres, qui rendent la ville irrespirable. Au début, on pense que les pires sont les touristes chinois. Bruyants, en groupes, ils semblent se faire une spécialité de se regrouper dans les rétrécissements de rues, sur les ponts, le haut-parleur du guide bloqué sur le volume maximum. En fait, les plus redoutables des touristes sont peut-être toute cette faune occidentale, tous ces aventuriers à la manque, ces globe-trotters désabusés qui, d'un ton faussement décontracté, énumèrent les pays qu'ils ont traversé comme une ménagère raye les emplettes sur sa liste de courses. Ou, pire encore, ceux qui, voyageant depuis un an, font mine de ne pas compter, prétendant, l'air condescendant, que ce qui compte, c'est l'ouverture culturelle, l'échange avec les populations locales. Quand je les vois, ces "aventuriers" qui ne pourraient faire un pas sans leur Lonely Planet, qui se gobergent de leurs propres exploits en affectant l'attitude décontractée du "vrai" routard, qui essaient d'impressionner la galerie tout en ayant l'air de ne pas y attacher d'importance, je me dis qu'il y a des claques qui se perdent. Car ces aventuriers à la manque, s'ils traversent la moitié du globe, errent en fait d'auberges de jeunesse en auberges de jeunesse, y croisant et recroisant les mêmes individus, les mêmes histoires, ces jeunes traders dégoûtés mais pleins aux as, ces assistés soutenus par papa-maman qui trouvent plus cool d'arpenter la Chine et la Thaïlande que de chercher du boulot, ces couples qui trouvent ça follement enrichissant de recroiser tous les soirs dans des dortoirs différents le même type d'individus, les mêmes globe-trotters avec qui ils jouent à comparer leurs exploits l'air de rien... Alors niveau dépaysement, c'est moyen. Cette faune peut cependant être amusante quelques heures, quelques jours pour les plus résistants. C'est tellement agréable, parfois, de parler en anglais avec quelqu'un sans avoir à se demander avec angoisse si, en fait, il n'est pas en train de parler chinois...

Oui mais voilà, tout ça, ces touristes, ces auberges de jeunesse, ces vendeurs de souvenirs, ces artisans, ces colporteurs qui nous harcèlent en insistant sur le fait que c'est vraiment "spécial price for you my friend", sans parler des mémés qui abordent tous les laowai pour leur proposer du shit, ça fait perdre de son charme à la ville...

Heureusement, il reste une bonne partie de la ville "préservée" de la déferlante touristique ou qui, tout au moins, vit à peu près normalement, comme à peu près n'importe quelle ville chinoise. C'est là que, m'aventurant au matin, je suis tombé sur le marché de la ville... Le reste, je vous laisse le découvrir en images, dans l'album "Yunnan". Bonne regardure !

Mardi 6 février 2007

Une circulation anarchique, des travaux qui paralysent la ville, des taxis-kamikazes, la saleté des rues, ça vous dit quelque chose? Eh oui, je ne suis plus à Pékin, mais à Marseille ! Les meilleures choses ayant une fin, j'ai dû rentrer de Pékin, où je n'avais signé que pour un semestre. C'est bien malheureux, mais la suite de mes études m'attend en France. Et puis il faut dire que passer de - 10 à 15°, il y a plus désagréable comme transition. Et qu'après avoir enduré les bus tibétains, 11h d'Air France, c'est de la gnognotte, pour parler vulgairement.

Mais ce blog ne s'arrête pas là. Entre les câbles internet capricieux, la flemme, les hôpitaux chinois, j'ai pris beaucoup de retard, et j'ai encore beaucoup de choses à vous raconter sur Pékin, la Chine, les étudiants chinois... Alors continuez à faire un tour, maintenant que je suis de retour en France, la vitesse de connexion va me permettre d'être plus régulier...

Et pour commencer, chose promise, chose dûe : quelques photos de mon voyage dans la partie tibétaine du Sichuan (ou la partie sichuanaise du Tibet, vous prenez les choses dans l'ordre que vous voulez), en attendant la partie yunnanaise de mon voyage. Donc un petit clic sur l'album "Sichuan", dans la colonne de droite, et c'est parti !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Samedi 27 janvier 2007
Ah, ça fait du bien de retrouver Pékin, ses chauffeurs de taxis, son métro bondé, sa pollution, son vent glacial venu de Sibérie, de Mongolie, que sais-je, enfin bref, qu'on ne me fasse pas le coup du réchauffement de la planète, moi je marche pas.
Ci-dessus, une tentative chinois pour faire inscrire le train-couchette parmi les disciplines en vue de 2008. Mais les négociations, au plus haut niveau, sont assez mal parties, les Chinois ayant une avance assez considérable sur le reste de la planète dans (l'éventuelle) épreuve de cracher de graines de tournesol. Affaire à suivre, donc.

Toujours est-il que voilà, mon petit périple s'est achevé. Pas de bol, la soirée diapo, c'est pas pour tout de suite - je sais pas pourquoi, j'en vois qui respirent plus librement, au fond -. Et je vais pas non plus vous faire le récit exhaustif de mes formidables aventures dans des trains-couchettes, des bus-couchettes, des auberges de jeunesse, des bus, des minibus, enfin bref, ça ennuierait tout le monde, à commencer par moi.
Alors je me contente d'un petit bilan chiffré - parfaitement approximatif, mais tant pis pour vous.
 
Donc, ce voyage, c'était :
 - 4 cols à 5000m, franchis dans des véhicules plus que rustiques,
 - 8 types de véhicules différents, de la moto-taxi déglinguée au beau Boeing d'Air China,
 - 96h dans ces moyens de transport, le tout en un peu moins de 2 semaines (eh oui ma brave dame, que le temps passe vite!),
 - quelques milliers de kilomètres parcourus, combien au total, je n'en ai pas la moindre idée, et j'ai toujours été un gros naze en maths alors je vais pas m'amuser à compter...
 - des nuits partagés avec un peu plus de 80 personnes dans des dortoirs, trains, bus, etc. Pfiou, ça fait beaucoup, ça. Et puis faut dire, les bus-couchettes, par exemple, c'est pas exactement le summum de l'intimité...
 - quelques dizaines de globbes-trotteurs rencontrés sur des routes, dans des bus, etc (vous commencez à comprendre - enfin 'espère pour vous). Là encore le chiffre exact me dépasse, en tout cas c'est toujours trop,
 - des centaines de clips chinois et tibétains dans les bus. Et le pire, c'est que j'en arrive à aimer ça...
 - des dizaines de litres de thé, quelques paquets de "nouilles pratiques", et surtout plusieurs dizaines de paquets de clopes inhalés en tabagisme passif ; il faut bien dire que fumer dans le bus-couchette, c'est tellement sympa...
 - des milliards de "hellos", de regards interloqués; bon, rien de nouveau sous le soleil...
 - quelques centaines de yacks, dont quelques dizaines au beau milieu de la route (de préférence derrière le tournant d'une route de montagne, sinon c'est pas marrant)
 - et tout le reste : les toilettes, les nuits passées à cui à cause d'une couverture électrique trop puissante, les vendeurs de chaussettes à bord des trains, les mendiants, les fiers bergers enlaçant (enfin, vite fait) de fougueuses bergères au milieu de steppes immenses dans les clips tibétains,  les poubelles en forme de pandas, les sourires des gens, les embryons de conversations en chinglish mâtiné de tibétain, voire de japonais dans les situations les plus improbables, les coupures de courant, la viande de yack, le mal des montagnes, l'hôpital tibétain... Que du bonheur !
 


Samedi 20 janvier 2007

Bon, le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne suis pas tres assidu sur mon blog ces jours-ci. Les mises a jour s'y font attendre comme la chaleur se fait desirer a Pekin. Ces derniers temps, j'avais comme excuse la rupture du cable internet chinois; ce serait de mauvaise foi de faire trainer cette excuse en longueur. Oui mais voila, on peut pas dire que je sois chanceux niveau connexions internet.

Car figurez-vous un truc incroyable, au beau milieu du Tibet, les connexions internet ne se trouvent pas sous le sabot d'un yack. Eh oui, je reviens a peine du Tibet, plus exactement de la partie tibetaine du Sichuan. Le vent glace de Pekin n'etait pas assez pour moi, il fallait y ajouter le mal des montagnes , histoire d'avoir plus de fun. J'ai en effet passe quelques jours a Litang, epoustouflante bourgade de l'ouest du Sichuan perchee a plus de 4000m d'altitude, ainsi que pas mal de jours sur la route. Enfin, quand je dis la route, entendons-nous bien : a part au passage des cols les plus difficiles, ou la route est encore a peu pres bitumee, l'essentiel du trajet se fait sur des pistes de terre defoncees d'ornieres, a moitie effondrees dans le precipice, pistes que l'on emprunte a fond de train dans des bus pas specialement de toute premiere fraicheur, le tout en slalomant entre les rochers tombes sur la route, les yacks qui n'ont sans doute rien de mieux a faire, avec passage de cols a plus de 5000, dans des bus tellement bien isoles qu'il neige malgre les vitres fermees...

Cependant, a Litang, on trouve un cybercafe. Oui mais voila, il semblerait que meme au fin fond du Tibet, il ne soit pas possible de trouver un cybercafe qui ne soit pas pris d'assaut par la jeunesse locale, qui vient ici jouer en ligne a World of Warcraft, tchater pendant des heures sur les forums des boys band chinois... Vive la mondialisation! Et quand on trouve finalement un poste libre, qu'on pianote fievreusement dans le froid (ben oui : pourquoi chauffer un local quand il fait - 15 dehors et que, de toute facon, la porte est ouverte? Franchement, on se le demande...), qu'on s'impatiente devant la lenteur de chargement de la moindre page... c'est pour finalement s'apercevoir que, pour quelque obscure raison, overblog n'est pas accessible depuis ce bled...

Je suis a present revenu a la civilisation, la vraie, celle des villes chinoises envahies de touristes, avec restaurants offrant "Amercian brakfeast" (authentique), minorites ethniques en costume traditionnel dansant a l'entree des restaurants pour appater le chaland, artisanat "ethnique" - dont on trouverait les articles dans n'importe quel magasin pour hippie de n'importe quelle ville  francaise, et le reste, gravures sur bois, ponchos, chapeaux tibetains, flutes en bambou, foulards de soie, bracelets en jade, pinceaux, tampons, montres Mao, bouddhas en cuivre, elephants en porcelaine... que du bonheur, quoi. Enfin, maigre consolation, enfin une connexion internet digne de ce nom, c'est pas trop tot ! Bientot de retour a Pekin, je vais meme pouvoir m'offrir un double luxe : un clavier azerty, et des potos sur ce blog. Et attention, preparez-vous a l'avalanche, depuis les yacks fouinant les poubelles de Litang a la boucherie canine du marche de Lijiang... De vraies soirees diapos en perspective. C'est-y pas du boneur, ca?

Lundi 8 janvier 2007
Puisqu'en ce moment il est toujours vain d'espérer mettre en ligne la moindre photo, et que par ailleurs c'est mon anniversaire, aujourd'hui, ça va être le post narcissique, avec une tradition incontournable pour tout blogueur en Chine : le portrait chinois. Alors voilà, dans le plus parfait désordre, je reprends un de ces protraits chinois qui écument le web, et l'accomode à ma sauce.

Si j’étais une fleur : le coquelicot (c'est la seule fleur que je connaisse, avec le pissenlit, qui est légèrement moins sexe, comme fleur...)
Si j'étais une couleur : Le rouge (aucun rapport avec la Chine; ma frustration de ne pas devenir pompier?)
Si j'étais une saison : l'automne, on sait jamais quel temps nous attend dehors.. On s'habille toujours trop, pas assez... La plus marrante des saisons.
Si j'étais un animal : un chat de gouttière, sans doute rien de mieux
Si j'étais un phénomène naturel : une éruption volcanique
Si j'étais un sport : le curling, ça a pas l'air trop intense...ou le vélo dans Pékin, prochaine discipline olympique.
Si j'étais un chiffre : zéro (pasque c'est joli en chinois: 零)
Si j'étais un pays : la Belgique, pour la bière, les géants et leur humour bien particulier
Si j'étais une boisson : La bière, donc. De préférence une Queue de Charrue ambrée, mais bon, ici, faut pas trop demander..
Si j'étais un mot : femme-tronc
Si j'étais un instrument de musique : un violoncelle; ou une guimbarde, au choix
Si j'étais un insecte : un moustique gorgé de sang
Si j'étais un paysage : le parking du centre commercial Carrefour à Denain, avec le Mac Do devant les terrils. Ben quoi, pourquoi je serais obligé de répondre "la Grande Muraille à Jiankou?"
Si j'étais un saladier je serais rempli de : rondelles de saucisson
Si j'étais un signe du zodiaque : heu, je passe
Si j'étais un arbre : tout sauf une de ces conneries de saules pleureurs ; en voir des dizaines tous les jours, langoureusement penchés sur les lacs de Beida, moi, ça me fout en rogne.
Si j'étais une chanson : Solitary Man, de Johhny Cash. Ben ouais, en ce moment, je traverse une phase cow-boy, c'est comme ça.
Si j'étais un objet : un décapsuleur
Si j'étais un plat : une tête de veau sauce ravigote
Si j'étais une maladie : la chaude-pisse (pour rajouter une touche de glamour sur ce blog..)
Si j'étais une glace : ah, non merci, avec le réchauffement de la planète...
Si j'étais un look :  un quoi ?
Si j'étais un endroit du corps : mes pieds, qui traversent vaillamment Pékin.
Si j'étais un film : Brazil : on ne sait jamais quand il va s'arrêter..
Si j'étais des chaussures : des bons gros godillots
Si j'étais un moyen de locomotion : un vélo, of course!
Si j'étais des bijoux : Aye, je coince!
Si j'étais un vêtement : des collants Damart pour l'hiver à Pékin
Si j'étais un prénom de fille : Hélène, je m'appelle Hélène, je suis une fille, comme les ôôôtres!
Si j'étais un prénom de garçon : n'importe quoi d'autre que Sylvain, prénom imprononçable pour tous les étrangers, ces imbéciles !
Si j'étais un mois : octobre
Si j'étais un jour de la semaine : jeudi (le début de mon week-end pékinois, haha!)
Si j'étais un dieu : Janus
Si j'étais un des quatre éléments : le feu. Grrr!
Si j'étais une planète : Pluton, parce qu'elle a été déclassée de son statut de planète, et que je veux manifester ma compassion. Non à la délocalisation des planètes! So-so-so, solidarité! Hmm, excusez-moi.
Si j'étais un tatouage : bah, un dragon (ça a plus de gueule qu'une chope de bière, non? Et puis les plans d'un pénitencier de haute sécurité, ça a déjà été fait par Michael Scofield dans Prison Break, donc tant pis).
Si j'étais un végétal : un bonsaï
Si j'étais une voiture : une 4L
Si j'étais un dessinateur : Guy Delisle (Pyongyang, en vente dans toutes les bonnes librairies. Ainsi que Shenzhen). Ou Lisa Mandel, pour son blog désopilant. Pas de bol, je ne suis ni l'un ni l'autre.
Si j'étais un parfum : les légumes en décomposition à la fin du marché à côté de chez moi
Si j'étais un tissu : du thermolactyl
Si j'étais une ville : Beyrouth, dangereuse et instable...
Si j'étais une arme : un pistolet à bouchon
Si j'étais un métier : enculeur de mouches
Si j'étais un conte de fées : Barbe-bleue

A bientôt pour de nouvelles aventures !
 

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