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Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !

 

 

Mardi 7 novembre 2006

Pour ne pas faire comme tout le monde, je n'ai pas voulu crier cocorico avec la meute, lors de la venue à Pékin de ce bon vieux Lao Chirac, il y a maintenant deux semaines. Mais il y avait également une bonne raison: je gardais ma fibre nationaliste pour le festival international de Beida qui se tenait quelques jours plus tard.

Le principe de ce "festival" est simple : les étudiants étrangers présents sur le campus tiennent des stands où ils présentent leur pays. Me sentant, étrangement, plus proche des étudiants que des vieux profs rassis, je me suis joint au projet. Grâce à l'inépuisable énergie d'Emma, étudiante de l'Essec en échange à Beida, nous voilà sur notre petit bout de France, avec tout un stock de matériel pour le décorer, offert  généreusement (et sans la moindre arrière-pensée, bien sûr) par l'ambassade de France.

Attention, accrochez-vous, matériel de compétition : les inévitables affiches vantant les fromages de la France, les cartes des vins, et même une tour Eiffel dans un verre de vin, bref, ces oiseaux-là ne reculent devant rien pour convaincre les Chinois de la supériorité de la civilisation française. Ajoutez à l'ensemble une tripotée de mignons petits calicots bleu-blanc-rouge, et vous commencerez à avoir un aperçu de la chose.

Comme tout ça était un peu terne - le frometon, ça va bien deux minutes, mais faut pas pousser - on a customisé l'endroit. Et là, on n'a pas fait dans la demi-mesure : photos de Zidane, affiche d'Amélie Poulain, et même, il le fallait bien, une photo d'Hélène Rollès (vous vous souvenez? "Hélène, je m'appelle Hélène, je suis une fille, comme les auuuutres.." Ah, et après ça, qui dira que la culture française manque de raffinement?), véritable idole ici; il ne faut reculer devant aucun sacrifice pour sauver l'honneur de son pays...

Et nous voilà donc, pauvres étudiants français, ainsi que quelques chinois, installés sur notre stand un samedi matin à l'heure où d'habitude on rentre de soirée, habillés tout en Bleu-Blanc-Rouge, sur un stand tellement Bleu-Blanc-Rouge qu'on se serait cru à quelque salon de l'Etudiant, sur le stand de la Police Nationale...

Mais le stand, ça n'était que la première partie du boulot. La deuxième étant de distribuer brochures et documents de toutes sortes aux Chinois. Or il faut savoir que l'étudiant chinois est papivore, qu'en tout cas il en présente tous les symptômes : frénésie à s'emparer de brochures écrites dans une langue qu'il ne comprend pas (c'est vrai qu'il y a les photos de Catherine Deneuve, ça compense), suées, comportement maniaque... Peu importe ce qu'on lui donne, il prend sans regarder, accumule, et en redemande.

Mais finalement, le plus étonnant, c'est sans doute le décalage entre la beauté, plus que relative, de notre stand (ambiance Police Nationale, donc), et la foule qui s'y pressait. C'est dans des moments comme ceux-là qu'on se rend compte, très concrètement, que "l'image de la France", son prestige, etc, ne sont pas (que) de vains mots. Les pauvres Espagnols, sur le stand voisin, magnifiquement décoré, n'attiraient que les maniaques de la brochure. Tandis que chez nous, le public était beaucoup plus diversifié. Il y avait ceux qui tiennent absolument à se faire photographier avec un étranger; peu importe de lui adresser la parole, l'essentiel est de pouvoir, le soir venu, épater la galerie ("tu as vu ça, un Blanc!"). Il y avait aussi ceux qui réclament des explications sans fins sur la bouffre française, sur la fabrication de la moutarde, ou encore sur la différence entre le beurre et le fromage (et là, vous avez intérêt à avoir de l'imagination...). Il y avait enfin les casse-couilles, comme cette étudiante qui voulait discourir sans fin sur les raisons de la défaite française en 1940, de Gaulle, ou que sais-je encore. Et, plus tragiquement, cette femme qui m'assaillait de questions pour savoir comment faire pour que son futur bébé ait la nationalité française, quel était le prix d'un accouchement en France...

Donc quoi qu'on en dise, la France fascine ces étudiants. Bien sûr, on pourrait se moquer sans fin des clichés sur lesquels repose cette fascination (il n'est qu'à voir leurs yeux émerveillés lorsqu'on leur montre un bête croissant, ou une baguette), mais après tout, nos stéréotypes sur la Chine ne sont-ils pas au moins aussi forts? Je vous laisse méditer sur cette banalité quelques jours, pendant lesquels j'irai me balader dans le Fujian. La suite si j'en reviens entier!

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Dimanche 5 novembre 2006

Bon, ces temps-ci, mes pauvres chéris, je vous délaisse quelque peu. Je sais, c'est mal, mais tant pis.

Mais même si, à trop sortir, je finis par ne plus avoir le temps d'alimenter ce blog, je n'en pense pas moins à vous, public chéri, mon amour. Et comme je sais que ça vous manque les soirées-diapos de tata Josette, eh ben j'ai mis à jour mes albums Beida et Roll-Over Beijing. Allez donc jeter un oeil!

Et puis pour me rattraper, j'ai décidé que ce serait fromage et dessert, du coup j'ai aussi changé la musique. Attention les oreilles!

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Lundi 30 octobre 2006

Chose promise, chose dûe.

Voici donc une petite vidéo tournée la semaine dernière à l'opéra. Enfin, petite, c'est vite dit: tout de même 4 minutes 30, ce qui fait beaucoup. Mais couper cette scène aurait été une torture pour moi, malgré l'épaule intempestive qui fait irruption dans le champ en plein milieu du spectacle.

Je ne vous résumerai pas en détail l'intrigue, pour la simple et bonne raison que je n'y ai rien compris. Pour faire vite, il s'agit de deux frères qui se chamaillent à propos d'un magasin d'huiles. Et après de longs monologues chantés, cerise sur le gâteau, voilà notre scène : place à la castagne!

 Ah, une dernière chose : n'oubliez pas, si vous voulez profiter pleinement des cascades, culbutes et autres torgnoles, d'appuyer sur lecture puis sur pause, pour laisser charger la vidéo. Enjoy!

Par Sylvain - Publié dans : En direct du Frigo-Palace
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Jeudi 26 octobre 2006

 

Me fallait-il vraiment venir jusqu'en Chine pour rencontrer Chirac? Sans doute pas. Mais une fois que je le tiens, le bonhomme, je ne le lâche plus. Voir Chirac en vrai deux fois en moins de 24h, c'est mon exploit de la semaine, tant il est vrai qu'en véritable Bob Morane des temps modernes, je ne recule devant aucun sacrifice. Premier sacrifice: la réception offerte par Jacques et Bernie en l'honneur de la communauté française au Peninsula, plus grand palace pékinois, hôtel favori de Bush père.

Mes papilles en sevrage de Saint-Nectaire et de Bourgogne en frétillaient à l'avance. Pensez donc, un bon vivant comme Chirac, inconditionnel de la tête de veau (ce qui nous fait un point commun, c'est déjà ça), il va mettre les petits plats dans les grands, me disais-je naïvement.

Grave erreur, car 1600 pique-assiettes, ça fait du monde (à peu près 1600 estomacs, selon toute logique). Une demi-heure à peine après l'ouverture du buffet, plus rien: la réception aurait été organisée au Darfour que les petits fours n'auraient pas eu plus de succès. Côté champagne, même pénurie, savamment organisée j'en suis sûr, afin de ne point dilapider de façon irresponsable l'argent du brave contribuable français. Après une demi-heure, les serveurs ne proposaient plus que de la vulgaire Tsingtao tiède. Les palaces ne sont plus ce qu'ils étaient, décidément...

Le lendemain (autrement dit aujourd'hui), voilà-t-y pas que Chirac passe à Beida, avec tout le beau linge, Thierry Breton, Douste-Blabla, et même Raffarin (c'est sûr que ça lui fait une sortie, le pauvre, il doit s'ennuyer). Au programme: un discours devant un public d'étudiants soigneusement sélectionnés, avec quelques animateurs pour lancer les applaudissements en temps voulu. Je m'en serais voulu de passer à côté d'une telle séance de langue de bois. Et de ce point de vue, on peut dire que je n'ai pas été déçu.

Tout d'abord, le couplet habituel sur "la maison brûle", la nécessité d'une croissance maîtrisée, blablabla. Chirac qui joue à Super-Ecolo, ça m'a toujours fait marrer. Mais il ne s'est pas limité à ça: après avoir (mais rapidement, pour ne fâcher personne) fait les gros yeux aux Chinois qui ne montrent pas beaucoup d'empressement pour appliquer les sanctions contre la Corée du Nord votées par l'ONU, Chirac laisse, grand prince, la parole à la salle. La première question portait - bien entendu - sur Zidane et la finale de la Coupe du Monde. Mais, plus amusant, voici ce qu'à la  fin Chirac a répondu à une étudiante qui réclamait davantage de visas pour venir étudier en France:

 

J'apprécie beaucoup les promesses généreuses ("un accroissement important"), qu'il se garde bien de chiffrer. Etrangement, quand, à la sortie, j'ai expliqué cela à des journalistes chinois qui me demandaient mes impressions sur le discours, ils n'ont pris aucune note...

Allez, une dernière photo pour la route: Chirac qui, malgré les apparences, n'est pas du tout en train d'envoyer un texto à Bernie, mais qui se galère avec son oreillette...

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Mercredi 25 octobre 2006

Puisqu'en ce moment pour moi c'est la course, je me contente d'un petit teaser. Et d'ici quelques jours, si vous êtes bien sages, vous aurez droit à la vidéo. Elle est pas belle la vie?

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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