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Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !

 

 

Lundi 9 octobre 2006

 

La Corée du Nord, ce régime si riant, vient de procéder à son premier essai nucléaire. Encore un succès de la diplomatie-coup-de-poing de Bush, assurément. En attendant, tout le monde sonne le tocsin, les Chinois (traditionnels alliés du Staline de Pyongyang) y compris, c'est dire l'ambiance.

Alors en attendant que tout pête, rions un brin tous ensemble avec ce joyeux drille de Kim Jong-Il. "Under the wise guidance of Leader Kim Jong-Il, the Party, Army and People have built the utopian socialist workers' paradise that is the envy of the whole world". Et effectivement, à regarder la vidéo, je me demande bien pourquoi je ne vais pas plutôt couler des jours paisibles en Corée du Nord...

(la vidéo est un peu lente à charger, alors appuyez sur pause, faites une expédition-apéricubes, et hop! c'est parti)

Et pour ceux qui en veulent plus, je ne saurais trop recommander la lecture de Pyongyang, de Guy Delisle, récit de son expérience dans les studios de dessins animés coréens; sans doute la BD politique la plus drôle et la plus féroce jamais écrite, rien que ça. Avis aux amateurs!

Et d'ici à la Troisième Guerre Mondiale, bon vent à tous!

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Samedi 7 octobre 2006

Pour ceux qui croient que je fais du mauvais esprit à propos du tourisme à la chinoise, voici, en réaction à mon article, le mail d'une vraie chinoise, avec les yeux bridés et tout. Décidément, en ce moment, je ne publie que des posts de seconde main...

Hi, Sylvain

I think I can understand your sentiment with travelling.  When I went to Xinjiang this summer, it was quite like that. People are swarming around and the locals are commercialized.  Since it is a place full of relatively-"uncivilized" ethnic minorities, city people come here looking for the unworldly and innocent happy land of  "Shangri-la".  But the local houses and traditional performances we pay to see are mostly newly-made-up, to cater to this emotional need of the tourists. It's normal to see minority girls dancing exotically in their ethnic gown, while wearing jeans and sneakers underneath. Besides that, something I named "tacky tourism" freaked me out, and it's such a common trend that it's all over the place.  Normally, here, when people want to travel, they just join a tourist group with some other strangers, let the tour guide take you to the "best shooting spot" to take a photo of you standing against some beautiful (but too-often-seen-in-travel-books) scenery, then drop you at a souvenir store which has beneficial relationship with the tour guide and fill the gaps between travelling from one spot to another with some routine tacky anecdotes. 
This summer, when we visited many of Xinjiang's fantastic places, we often see people fighting to take photos in front of a characterless wooden plate with the name of the famous spot printed on it,(and with this photo, they can go home contently and boast about how far they have travelled) while the truly beautiful, rare but "nameless" places are left in the cold corner. To a lot of people, taking such photos is the most important task of travelling, while try thinking in a different ways and broadening your mind come as the least important.  At a quiet yet breathtaking archeology site (which I think is perfect for meditation, and it's almost a blasphemy not to), I've seen tourists pacing past fast and chatting out loud heartlessly, simply to finish the route as quickly as possible and tick this site out on their list of destinations.  Isn't that just rediculous? I'd come up with a good idea----set up a theme park full of big name plates, with writings like "Welcome to the Great Wall", "Wecome to Guilin". Just bring a camera with you, and a single visit to this park can guarantee you the "travel experiences" all around China. This saves a great amount of money and time and effort while achieving exactly the same effect, wouldn't that be great? 
 
I was planning to visit Europe this summer, but it seems that the only possible way is to go with tourist groups. In that case, we would finish 14 countries in 10 days, which means we would travel 400km in the tourist bus and jump off at the Louvre to take a 10-min quick stroll, and of course, photo-taking-at-the-front-gate . Phew~~~I'd rather spend months  just relaxing in the sunshine of southern France, or I would pick my own route and visit remote, special places that wouldn't appear on the tourist spot list.....I think that's more like what travelling is really about...
 
Bon, ceux qui considèrent que je tire sur les ambulances n'auront pas tout à fait tort, mais ça fait du bien de se défouler...
 
Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Vendredi 6 octobre 2006

Me voilà presque devenu un vrai petit pékinois. Pour preuve, en ce moment je suis assailli de gens qui tiennent absolument à m'offrir des gâteux de lune, ou yue bing. Alors, le gâteau de lune, keskecé? Et bien le problème est là: c'est un peu tout et n'importe quoi. Au départ, le gâteau de lune s'offre au moment de la Fête de la Lune, ou Fête de la mi-automne, et qui tombe le 15e jour du 8e mois lunaire, c'est-à-dire (je vous épargne les calculs) le 6 octobre. Fête lunaire, fête des moissons, elle est surtout censée être une fête de famille, temps des retrouvailles autour d'un repas de famille.

Donc, pour fêter la lune, qu'est-ce qu'on fait? Et ben on s'offre des gâteaux en forme de lune: les yue bing, des gâteaux ronds comme la Lune (avouez que les choses sont bien faites), fourrés avec à peu près tout ce qui vous passe par la tête (pour une explication culinaire plus élaborée, voir le blog de Cris. Jusqu'ici, ça a plutôt l'air mignon, non?

Mais maintenant, mon brave Monsieur, la Chine n'est plus ce qu'elle était, depuis qu'on y célèbre Noël comme si de rien n'était, comme de vulgaires Français. Donc, le marketing a mis son grain de sel là-dedans (je sens venir les commentaires dénonçant une fois de plus mes postures moralisatrices, mais tant pis), et a fait du gâteau de lune, tradition essentiellement familiale, une espèce de gigantesque attrape-nigaud. Maintenant, tout le monde s'offre des gâteaux de lune: les membres d'une même famille entre eux, le patron à ses employés, les employés à leur patron, les élèves à leur prof, le chauffeur de taxi à ses clients, le chien à son maître et le canari au chien - enfin, vous saisissez l'idée.

Me voilà donc envahi par les paquets de gâteaux de lune. Car bien sûr, ce qui compte avant tout, c'est l'emballage plus que le contenu. A se demander parfois si c'est vraiment fait pour manger... C'est donc la course à l'échalote à celui qui offrira la boîte la plus rutilante, car plus il y a de dorures et de rouge et de dragons et d'autres saloperies dessus, plus ça vous a coûté cher, et donc plus vous honorez votre patron, client, chien, etc.

En attendant, moi, je prends tranquillement des kilos. Les coutumes ont parfois du bon!

 

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Jeudi 5 octobre 2006
Les temps sont durs pour les bloggeurs, me voilà réduit à reprendre de vieux rogatons... L'article, publié dans Libé, a maintenant plus d'un mois, et il est assez long, mais sa lecture est assez décoiffante.
 
Les soutiers du monde virtuel
En Chine, des jeunes sont payés de 50 à 100 euros par mois pour jouer en ligne pour le compte de clients occidentaux. Ils participent pourtant à un business de plusieurs milliards par an.
Par Abel SEGRETIN
 
Dans un hangar chaud et humide de la petite ville de Jinhua (province du Zhejiang), à 300 kilomètres au sud de Shanghai, une quarantaine de jeunes garçons, torse nu, restent rivés à leur ordinateur, douze heures par jour, six jours sur sept. On les appelle les «fermiers» de l'or virtuel. Ils sont payés entre 50 et 100 euros par mois pour jouer à World of Warcraft (WoW), un immense jeu de rôle sur Internet regroupant environ huit millions de joueurs à travers le monde. La tâche de ces fermiers est de gagner, pour le compte d'autres joueurs, de l'or virtuel, des objets (armures, potions magiques), ou d'améliorer les performances d'un personnage. L'argent, l'équipement et les personnages ainsi valorisés sont ensuite revendus grâce à des virements bancaires à des joueurs occidentaux qui n'ont ni le temps ni l'envie de passer de nombreuses heures à progresser dans le jeu.
Ici, les fermiers (ainsi nommés aux Etats-Unis en référence à la récolte qu'ils produisent) préfèrent s'appeler eux-mêmes «joueurs professionnels». Ce sont, pour la plupart, des moins de 25 ans, familiers des jeux de rôle, qui préfèrent ce métier plutôt qu'un travail en usine pour un salaire équivalent. «Mes parents cultivent le riz dans l'Anhui, à 500 kilomètres d'ici. Je suis parti travailler en ville et c'est le meilleur emploi que j'aie trouvé. Avant, j'assemblais des fermetures Eclair dans une usine, c'était pire», explique Xiao Wang, 21 ans,­ dont deux à récolter de l'or virtuel en tuant des monstres sur Internet. Il habite dans un dortoir de douze personnes qui dorment à même le sol, et voit rarement le soleil dans l'atelier aux rideaux de fer baissés où il travaille, aligné avec ses collègues. Le patron passe parfois la tête au-dessus de son épaule pour vérifier ses progrès. L'atelier est clandestin, il n'y a pas de sécurité sociale, pas de normes d'hygiène ou de sécurité.
«Ça fait dix-neuf jours que je coache ce chaman», explique Liang, 20 ans. Sur l'écran, une sorte d'elfe s'agite dans un univers onirique gigantesque, peuplé de créatures inspirées de Tolkien. Il faut courir par monts et par vaux, tuer des monstres avec des pluies de «sortilèges»,  se précipiter sur le butin, courir encore... La tâche est répétitive, et Liang l'explique en des termes que seuls les initiés comprendront : «Je l'ai pris au niveau 1, et demain j'aurai fini de l'amener au niveau 60, le maximum. Normalement, ça ne prend que deux semaines, mais là il faut en plus que je lui obtienne 300 points en pêche à la ligne et en cuisine, 600 pièces d'or, un souffle du dragon de nuit, des baies de boutons de vent à 150, une réputation exaltée dans une ville majeure, une monture épique et des tubercules fouetteurs.» 
Ce service, élaboré sur mesure, est facturé 520 dollars bien réels au client, soit huit fois le salaire mensuel de Liang, mais ce dernier n'en sait rien. La «ferme» propose des services plus simples, comme gagner pour vous mille pièces d'or en trois jours (cent dollars), ou assouvir une vengeance (prix variable). Aux produits courants prisés par les amateurs de jeux de rôle (une potion, une armure), les fermes chinoises ont peu à peu ajouté des réalisations à la commande.
Une prison fait jouer ses détenus 
Il y aurait dans toute la Chine entre vingt mille et cinquante mille de ces ateliers dédiés à l'économie virtuelle, selon Jin Ge, sociologue et documentariste à l'université de San Diego (Californie), qui travaille depuis plusieurs années sur les fermes virtuelles chinoises. L'estimation est confirmée par plusieurs patrons. Certains ateliers sont très petits, d'autres sont de véritables entreprises déclarées, employant des centaines de personnes. La plus grosse répertoriée, dans la province du Shaanxi, compte près de 3 500 employés. La plupart sont de taille moyenne, avec une cinquantaine d'ordinateurs. Des patrons de fermes qui ne veulent pas être cités parlent même d'une prison dans le nord-est du pays qui fait jouer ses détenus pour engranger des profits ­ de la «concurrence déloyale», selon eux.
A l'autre bout de la chaîne économique, les acheteurs sont américains ou européens. Entre les deux, il y a de grandes entreprises américaines. La plus grande du genre, Ige.com, dont le fondateur a débuté dans le virtuel avec des sites pornographiques, catalyse environ la moitié des reventes mondiales du jeu WoW. Ces brokers occidentaux d'un nouveau genre sont très mal vus par les patrons de fermes chinoises, car ils prélèvent des marges énormes sur les reventes. Ils profitent du fait que les fermiers chinois ne parlent pas l'anglais et n'ont pas l'expérience des marchés internationaux. Et surtout qu'ils ne sont pas autorisés en principe à jouer depuis la Chine avec des personnages inscrits sur des serveurs de jeux américains ou européens, ce qui les empêche de revendre directement objets et personnages.
Le volume de ce marché parallèle des valeurs virtuelles est gigantesque. Déjà estimé par les analystes entre 1,5 et 3 milliards de dollars par an, il pourrait atteindre 7 milliards de dollars en 2009. Il y a même un cours de l'or virtuel variant tous les jours contre le dollar, visible en graphiques sur le site incroyable mais vrai Gameusd.com. «Il est très difficile de donner des chiffres globaux précis car la plupart des achats sont intraçables. Ce qui est sûr, c'est que cela augmente vite», estime Edward Castronova, économiste spécialiste du virtuel, qui considère qu'il est «sain et normal» à notre époque que les économies virtuelle et réelle se rejoignent. Paradoxalement, la manne de ce commerce ne profite pas directement aux éditeurs de jeux vidéo, qui détiennent le premier marché. La société Blizzard, par exemple, qui édite WoW, le principal jeu en ligne captant plus de la moitié des 14 millions d'abonnés occidentaux actuels (selon Mmogchart.com), tire ses profits des abonnements, et non pas des reventes de biens virtuels. Blizzard indique dans ses notices légales qu'il détient la propriété intellectuelle de tous les produits liés à ses jeux et s'oppose à leur revente. Mais les joueurs arguent qu'ils passent du temps à acquérir ces biens, et que, en conséquence ,c'est leur propriété. Seule la Corée du Sud, où plus de 40 % des internautes jouent en ligne, a une jurisprudence sur cette économie, en faveur des joueurs. Dans le reste du monde, c'est le flou juridique. Et pendant que les législateurs d'outre-Atlantique commencent à peine à s'interroger sur le sujet, les millions défilent. «Même si cette économie leur échappe, les sociétés de jeux vidéo y trouvent leur compte car de nombreux joueurs se désabonneraient s'ils ne pouvaient pas acheter librement des objets virtuels», estime Jin Ge, le sociologue de l'université de San Diego.
Jusqu'à présent, les éditeurs de jeux n'ont pas intenté de procès aux revendeurs et ont simplement demandé aux sociétés comme eBay de faire inscrire sur leur site leur règlement sur les reventes d'objets virtuels. En revanche, les comptes de joueurs «robots» de WoW, ceux qui font jouer des programmes à leur place, sont fermés systématiquement, et les joueurs chinois sont de facto désormais interdits sur les serveurs américains. Mais tous les joueurs professionnels restent pour l'heure impossibles à traquer, difficiles à distinguer des amateurs, d'autant plus qu'ils utilisent des serveurs relais basés aux Etats-Unis, parfois achetés à prix d'or par les patrons de fermes pour masquer leur localisation géographique.
Certes, nombre de joueurs occidentaux se plaignent de ces fermiers qui faussent les règles du jeu et créent une dévalorisation des objets virtuels en les proposant en surabondance, mais les râleurs sont minoritaires par rapport aux acheteurs. Jin Ge remarque aussi que «les fournisseurs chinois occupent exactement la même place dans l'économie réelle que dans la virtuelle, c'est le bas de la chaîne alimentaire de la mondialisation, la réexportation de produits auxquels ils ajoutent de la valeur mais dont ils ne sont pas propriétaires. La hiérarchie économique reste la même dans cette "nouvelle nouvelle économie", Internet n'a pas modifié les inégalités déjà en place». 
Hobby de jeunes désoeuvrés 
La Chine, réputée «atelier du monde», s'est donc imposée en quelques années comme premier fournisseur de biens virtuels. La main-d'oeuvre y est bon marché, et, à la différence de l'Inde, du Mexique ou de la Hongrie, qui disposent aussi de fermes virtuelles, le pays compte déjà plus de vingt millions de joueurs réguliers, essentiellement des jeunes désoeuvrés pour lesquels quelques dizaines d'euros gagnés à jouer à leur hobby représentent un salaire acceptable. Dans son entreprise un peu spéciale, A Bao, entrepreneur de 36 ans qui a commencé comme fermier avant de monter sa propre entreprise (Topgameplayer.com), emploie une centaine de jeunes à Jinhua. Sa ferme s'est spécialisée dans le coaching de personnages de WoW créés par des joueurs américains, ce qui lui rapporte plus de 10 000 euros par mois. Son atelier paie des taxes, a pignon sur rue, plantes vertes, pointage des employés et petits voyages d'entreprise. Cette start-up n'a pas un statut très clair, mais a été distinguée par la municipalité comme «bénéfique» car employant des chômeurs potentiellement violents. A Bao, qui a rencontré sa femme sur Internet, ne fait pas de distinction entre l'économie virtuelle et la réelle. Il déplore juste que les deux tiers de ses profits soient «mangés» par les intermédiaires du type Ige. Il espère que ce genre de commerce deviendra totalement légal et lutte contre l'image du fermier virtuel chinois sans foi ni loi. Chez lui, il y a des règles d'honneur : interdiction pour ses employés de répondre aux provocations des «vrais» joueurs, de parler avec eux, d'interférer avec leurs quêtes ou de chasser sur leurs territoires. Le travail avant tout ­ c'est écrit en rouge sur les murs de son atelier. «Nous sommes une entreprise saine qui répond à une demande. Maintenant, il faut créer une marque forte, instaurer des liens directs avec nos clients occidentaux et arrêter de nous faire exploiter, comme toutes les usines chinoises», lance-t-il. Derrière lui, ses employés jouent inlassablement aux jeux en ligne en rêvant d'Amérique.
Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Lundi 2 octobre 2006

Ca y est, internet remarche, vous aurez à nouveau droit aux accents. Elle est pas belle, la vie?

Me voilà donc de retour de Guilin, dans le Guangxi, au sud de la Chine. Charmante petite localité (à peine plus d'un million d'habitants: un bled, à l'échelle chinoise), Guilin est un des hauts lieux du tourisme en Chine. Ci-dessous, la présentation de la ville par l'office de tourisme chinois:


 

Guilin, une ville culturelle avec une histoire de plus de 2 000 ans, est connue dans le monde entier pour ses paysages tranquilles, ses formations mystérieuses de calcaire, ses collines embrumées et ses bosquets de bambou. La région jouit d’un paysage parmi les plus beaux du monde, et est une des régions de Chine les plus photographiées. La ville de Guilin est située sur le fleuve Li, entourée des formations géographiques exotiques qui semblent évoquer un sentiment mystique chez tous ceux qui y voyagent. Malgré le fait qu’elle est petite et qu’on y vit au ralenti, Guilin a une infrastructure touristique bien développée. Mais c’est avant tout la beauté et la tranquillité de sa situation magique qui est la vraie récompense des visiteurs à Guilin. N’oubliez pas votre appareil-photo!

 


 

Dans les faits, Guilin est une ville complètement gangrenée par le tourisme, et le sentiment mystique qu'on peut y ressentir est à peu près équivalent à celui des visiteurs du Mont-Saint-Michel le 15 août: compressé entre des milliers de personne, alpagué tous les 2 mètres par un marchand de souvenirs, un photographe, un mendiant, un estropié, le touriste se presse de faire le tour du site, remonte dans son minibus climatisé jusqu'au prochain site, et rebelote.

Mais je ne vais pas commencer à cracher dans la soupe: je savais à peu près à quoi m'en tenir quand j'ai décidé de tenter l'expérience. Ce qui était un peu plus inattendu, c'était la compagnie. Le voyage était en effet organisé par le service des relations internationales de la fac, et tous les "foreign experts" (j'aime beaucoup ce titre, allez savoir pourquoi...) y étaient conviés.

Me voici donc embarqué dans une bande on ne peut plus hétéroclite: une Espagnole qui parlait anglais comme les vaches de son pays, une Mongole qui se jetait sur le moindre souvenir et achetait sans l'ombre d'une hésitation les plus improbables saloperies, un Japonais lunatique, mais surtout deux types d'Américains. Dans la première catégorie, des retraités de Nouvelle-Angleterre distingués et malicieux; dans la deuxième, le pire de ce que l'Amérique a jamais produit: un couple de Texans frisant l'obésité, dont le mari est retraité de l'US Air Force, et dont la femme est une new-born christian dont l'enthousiasme frise l'hystérie. Bonjour l'angoisse...

Chaque instant est une occasion pour elle de louer le Seigneur: le bon repas (soupe de serpent, rat de bambou, que du bon, quoi!), la chaleur tropicale ("what a blessing!"), les bibelots des vendeurs de souvenirs ("how wonderful !"), les gentils mendiants qui exhibent sagement leurs jolis moignons...  Au bout de deux jours, épuisé par tant de bons sentiments, j'ai joué au Gaulois: plaisanteries scabreuses (en anglais, s'il vous plaît), allusions homosexuelles et débats sur la guerre en Irak, pouf! tout d'un coup elle m'aimait beaucoup moins...

Au moins, si ce voyage ne m'a pas permis de découvrir une Chine "authentique", il m'a offert, de façon plus étonnante, une immersion dans l'enfer américain... Dépaysement garanti!

En prime, croisière sur le fleuve Li, journée à Yangshuo... Je vous épargne les détails, le reste est dans l'album "Guilin", juste à droite.

 

 


Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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