Un peu de douceur dans ce monde de brutes...
Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !
Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !
La Corée du Nord, ce régime si riant, vient de procéder à son premier essai nucléaire. Encore un succès de la diplomatie-coup-de-poing de Bush, assurément. En attendant, tout le monde sonne le tocsin, les Chinois (traditionnels alliés du Staline de Pyongyang) y compris, c'est dire l'ambiance.
Alors en attendant que tout pête, rions un brin tous ensemble avec ce joyeux drille de Kim Jong-Il. "Under the wise guidance of Leader Kim Jong-Il, the Party, Army and People have built the utopian socialist workers' paradise that is the envy of the whole world". Et effectivement, à regarder la vidéo, je me demande bien pourquoi je ne vais pas plutôt couler des jours paisibles en Corée du Nord...
(la vidéo est un peu lente à charger, alors appuyez sur pause, faites une expédition-apéricubes, et hop! c'est parti)
Et pour ceux qui en veulent plus, je ne saurais trop recommander la lecture de Pyongyang, de Guy Delisle, récit de son expérience dans les studios de dessins animés coréens; sans doute la BD politique la plus drôle et la plus féroce jamais écrite, rien que ça. Avis aux amateurs!
Et d'ici à la Troisième Guerre Mondiale, bon vent à tous!
Pour ceux qui croient que je fais du mauvais esprit à propos du tourisme à la chinoise, voici, en réaction à mon article, le mail d'une vraie chinoise, avec les yeux bridés et tout. Décidément, en ce moment, je ne publie que des posts de seconde main...
Hi, Sylvain
Me voilà presque devenu un vrai petit pékinois. Pour preuve, en ce moment je suis assailli de gens qui tiennent absolument à m'offrir des gâteux de lune, ou yue bing. Alors, le gâteau de lune, keskecé? Et bien le problème est là: c'est un peu tout et n'importe quoi. Au départ, le gâteau de lune s'offre au moment de la Fête de la Lune, ou Fête de la mi-automne, et qui tombe le 15e jour du 8e mois lunaire, c'est-à-dire (je vous épargne les calculs) le 6 octobre. Fête lunaire, fête des moissons, elle est surtout censée être une fête de famille, temps des retrouvailles autour d'un repas de famille.
Donc, pour fêter la lune, qu'est-ce qu'on fait? Et ben on s'offre des gâteaux en forme de lune: les yue bing, des gâteaux ronds comme la Lune (avouez que les choses sont bien faites), fourrés avec à peu près tout ce qui vous passe par la tête (pour une explication culinaire plus élaborée, voir le blog de Cris. Jusqu'ici, ça a plutôt l'air mignon, non?
Mais maintenant, mon brave Monsieur, la Chine n'est plus ce qu'elle était, depuis qu'on y célèbre Noël comme si de rien n'était, comme de vulgaires Français. Donc, le marketing a mis son grain de sel là-dedans (je sens venir les commentaires dénonçant une fois de plus mes postures moralisatrices, mais tant pis), et a fait du gâteau de lune, tradition essentiellement familiale, une espèce de gigantesque attrape-nigaud. Maintenant, tout le monde s'offre des gâteaux de lune: les membres d'une même famille entre eux, le patron à ses employés, les employés à leur patron, les élèves à leur prof, le chauffeur de taxi à ses clients, le chien à son maître et le canari au chien - enfin, vous saisissez l'idée.
Me voilà donc envahi par les paquets de gâteaux de lune. Car bien sûr, ce qui compte avant tout, c'est l'emballage plus que le contenu. A se demander parfois si c'est vraiment fait pour manger... C'est donc la course à l'échalote à celui qui offrira la boîte la plus rutilante, car plus il y a de dorures et de rouge et de dragons et d'autres saloperies dessus, plus ça vous a coûté cher, et donc plus vous honorez votre patron, client, chien, etc.
En attendant, moi, je prends tranquillement des kilos. Les coutumes ont parfois du bon!
Ca y est, internet remarche, vous aurez à nouveau droit aux accents. Elle est pas belle, la vie?
Me voilà donc de retour de Guilin, dans le Guangxi, au sud de la Chine. Charmante petite localité (à peine plus d'un million d'habitants: un bled, à l'échelle chinoise), Guilin est un des hauts lieux du tourisme en Chine. Ci-dessous, la présentation de la ville par l'office de tourisme chinois:
Guilin, une ville culturelle avec une histoire de plus de 2 000 ans, est connue dans le monde entier pour ses paysages tranquilles, ses formations mystérieuses de calcaire, ses collines embrumées et ses bosquets de bambou. La région jouit d’un paysage parmi les plus beaux du monde, et est une des régions de Chine les plus photographiées. La ville de Guilin est située sur le fleuve Li, entourée des formations géographiques exotiques qui semblent évoquer un sentiment mystique chez tous ceux qui y voyagent. Malgré le fait qu’elle est petite et qu’on y vit au ralenti, Guilin a une infrastructure touristique bien développée. Mais c’est avant tout la beauté et la tranquillité de sa situation magique qui est la vraie récompense des visiteurs à Guilin. N’oubliez pas votre appareil-photo!
Dans les faits, Guilin est une ville complètement gangrenée par le tourisme, et le sentiment mystique qu'on peut y ressentir est à peu près équivalent à celui des visiteurs du Mont-Saint-Michel le 15 août: compressé entre des milliers de personne, alpagué tous les 2 mètres par un marchand de souvenirs, un photographe, un mendiant, un estropié, le touriste se presse de faire le tour du site, remonte dans son minibus climatisé jusqu'au prochain site, et rebelote. Mais je ne vais pas commencer à cracher dans la soupe: je savais à peu près à quoi m'en tenir quand j'ai décidé de tenter l'expérience. Ce qui était un peu plus inattendu, c'était la compagnie. Le voyage était en effet organisé par le service des relations internationales de la fac, et tous les "foreign experts" (j'aime beaucoup ce titre, allez savoir pourquoi...) y étaient conviés.
Me voici donc embarqué dans une bande on ne peut plus hétéroclite: une Espagnole qui parlait anglais comme les vaches de son pays, une Mongole qui se jetait sur le moindre souvenir et achetait sans l'ombre d'une hésitation les plus improbables saloperies, un Japonais lunatique, mais surtout deux types d'Américains. Dans la première catégorie, des retraités de Nouvelle-Angleterre distingués et malicieux; dans la deuxième, le pire de ce que l'Amérique a jamais produit: un couple de Texans frisant l'obésité, dont le mari est retraité de l'US Air Force, et dont la femme est une new-born christian dont l'enthousiasme frise l'hystérie. Bonjour l'angoisse... Chaque instant est une occasion pour elle de louer le Seigneur: le bon repas (soupe de serpent, rat de bambou, que du bon, quoi!), la chaleur tropicale ("what a blessing!"), les bibelots des vendeurs de souvenirs ("how wonderful !"), les gentils mendiants qui exhibent sagement leurs jolis moignons... Au bout de deux jours, épuisé par tant de bons sentiments, j'ai joué au Gaulois: plaisanteries scabreuses (en anglais, s'il vous plaît), allusions homosexuelles et débats sur la guerre en Irak, pouf! tout d'un coup elle m'aimait beaucoup moins... Au moins, si ce voyage ne m'a pas permis de découvrir une Chine "authentique", il m'a offert, de façon plus étonnante, une immersion dans l'enfer américain... Dépaysement garanti! En prime, croisière sur le fleuve Li, journée à Yangshuo... Je vous épargne les détails, le reste est dans l'album "Guilin", juste à droite.
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