Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !

 

 

Dimanche 1 octobre 2006 7 01 10 2006 12:59

Argh, c'est une malediction!

A peine de retour a Beijing, voila-t-y pas qu'Internet me lache! Me voila donc oblige d'ecumer les cyber-cafes chinois: ambiance prepubere garantie, claviers qwerty et conversion automatique en ideogrammes aussi, histoire d'ajouter un peu de sel a la situation...

Si tout va bien, la situation devrait revenir a la normale d'ici demain.


Si vous etes sages, vous aurez alors droit a la description du tourisme de masse a la chinoise... Tout un programme!

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 09 2006 17:16

Salut les peluches!

Je m'absente quelques jours de Pékin: fini la pollution, et à moi les flots de touristes chinois en goguette avec leurs gâteaux de lune sous le bras. Comme l'accès à internet ne sera sans doute pas simple dans ces charmantes bourgades, je vous laisse patienter avec cette photo, prise sur un étal de brochette, à côté des brochettes de scorpions vivants, empalés sur la pique, et qui agitent en vain leurs petites pattes... Bon appétit, et à dimanche!

 

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 09 2006 03:03

Hier, grande nouveauté pour moi à Pékin: la pluie! Et oui, en bientôt trois semaines, c'était la première fois que j'apercevais l'ombre d'une goutte de pluie. En bon petit chti déraciné, je m'en réjouis aussitôt: cela apporte un peu de variété à l'habituel soleil voilé par la pollution.

Quelle erreur! Car la pluie, à Pékin, a surtout un effet: celui de faire redescendre toute la poussière en suspension. Dans une ville où, à l'approche des J.O., la frénésie de construction atteint des sommets, on passe son temps à respirer ce mélange si particulier de particules de poussière et de pollution. Alors la pluie n'arrange pas la situation.

Je me demande ce que ça va donner pendant les J.O. Il fait déjà, en aoüt,  une chaleur quasi étouffante en temps normal à Pékin, mais avec cette fièvre immobilière, il faut croire que les athlètes ne battront pas des masses de records du monde. Heureusement, dans un régime communiste, la solution est simple: les constructions doivent être terminés 6 mois avant l'ouverture des J.O., le temps que les poussières aient le temps de retomber; ce qui en dit long sur les saloperies qu'on respire...

Par Sylvain - Publié dans : lostinbeijing
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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 09 2006 17:46

 

Certains esprits chagrins me reprochent dans l'oreillette mes jugements moralistes sur mes pauvres petits étudiants chinois. Il est pourtant assez frappant de constater que ceux-ci n'ont même pas conscience de vivre dans une dictature. Ils ne se rendent absolument pas compte de la censure exercée par le gouvernement, à travers son jovial Ministère de la Propagande.

 Cependant, il est vrai que j'ai un peu jeté le bébé avec l'eau du bain, en considérant qu'ils voulaient tous faire du bizness, que rien d'autre ne les intéressait. J'ai eu hier un démenti tout à fait officiel de cette information, par le directeur de Beida himself, qui animait une grande réunion de rentrée. Je vous rassure, je n'y suis pas allé, j'ai laissé le soin à ma police secrète personnelle de me faire un petit résumé.

 Dans cette réunion ennuyeuse à souhait, donc tout à fait réussie, il est apparu une information qui n'en finit pas de m'étonner : l'option la plus choisie par les étudiants de 1ère année n'est pas, comme je voulais perfidement l'insinuer, l'économie, le marketing, ou que sais-je encore. Non non, absoluement pas. Ces disciplines ne se classent qu'en seconde position derrière... je vous le donne en mille: l'histoire. Oui, vous avez bien lu, dans cette fac où l'on ne peut pas parler du massacre, il y a 16 ans, des étudiants du campus, on étudie l'histoire. Vous trouvez cela étonnant? Mais enfin, c'est parfaitement normal, voyons!

Alors que l'on ne trouve bien évidemment pas un seul livre sur le mouvement démocratique de 1989 et sur sa répression. Pas plus que de livres sur, mettons, le Tibet, par exemple. De toute façon, chacun sait qu'il n'y a pas de problème au Tibet, et que les Tibétains sont tous fous de joie d'appartenir à la grande nation chinoise. Tout comme chacun sait, bien entendu, que le Dalaï-Lama est un criminel notoire, un terroriste sanguinaire. 

  S'il y a bien une chose qui m'intrigue, c'est celle-ci: dans une fac où l'on apprend aux étudiants tout, sauf à se forger un semblant de pensée personnelle , comment peut-on faire de l'histoire? Ou alors c'est des gens qui aspirent à devenir consultants pour les séries costumées ringardes à la télé, qui sait?

  Mais comme je ne vais pas passer mon temps à déblatérer contre la dictature pseudo-communiste, j'ai mis en ligne un 2e album photo. Allez faire un tour, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

Par Sylvain - Publié dans : Brèves de campus
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Vendredi 22 septembre 2006 5 22 09 2006 18:29

 

  Place Tien An Men, aujourd'hui. Un balayeur contemple les passants qui admirent les mascottes des JO de 2008, installées devant le Palais du Peuple. Tout un symbole.

  Les mascottes ont en effet beaucoup de succès, et tout le monde tient à se faire photographier devant; ou plutôt, tous les membres de cette classe moyenne qui profite largement de l'essor économique de la Chine. Pour eux, les J.O., symboles de la puissance économique de la Chine, sont également le symbole de leur propre réussite sociale. Pendant ce temps, le prolétariat en est réduit au rôle du spectateur muet et, en toile de fond, on maintient l'imposture communiste, dans un pays qui n'a plus de communiste que la police...

  Même si cette place est laide, trop grande et inhospitalière, elle me fascine par le raccourci qu'elle offre de l'histoire chinoise. Le fait d'habiter en d'enseigner à Beida n'est d'ailleurs peut-être pas étranger à cette fascination. Beida fut en effet, en 1989, le principal foyer de contestation du régime par les étudiants, avec la fac voisine de Tsinhua. C'est en fait le fruit d'une longue tradition, cette université de l'élite étant de toutes les contestations depuis 1949. Beida en a chèrement payé le prix en juin 1989: dès le début de la répression, l'armée est entrée dans le campus, et n'a pas fait dans la dentelle. Etrangement, je n'arrive pas à obtenir le nombre précis de victimes, si tant est qu'on le connaisse...

  Les temps ont bien changé. Aujourd'hui, tous les étudiants -ou presque- sont adhérents du Parti, et n'y voient d'ailleurs aucun problème: "ça ne coûte rien, et ça n'oblige à rien". "Oui mais, dans ce cas, quel est l'avantage?" "C'est pour la carrière, c'est nécessaire". Ah, ça a le mérite d'être clair.

En fait, le PCC n'impose qu'une seule contrainte aux étudiants: l'interdiction de parler politique en public. Le campus fourmille d'associations, mais les rares syndicats dépendent du PCC. De toute façon, ça ne viendrait à l'idée de personne de parler politique: tout le monde sait que ça ne sert à rien. Ce qui importe vraiment ici, c'est l'iPod, et la carrière dans le business.

C'est triste à dire, mais l'idéal de ces étudiants est passé de la démocratie au business. C'est dire si le Parti a su acheter à peu de frais le calme de ces étudiants autrefois si turbulents... Mais là encore, la trajectoire est assez emblématique d'une classe moyenne passée de la contestation à la consommation.

Par Sylvain - Publié dans : Le Pékinois
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