Un peu de douceur dans ce monde de brutes...
Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !
Puisque vous avez été plusieurs à réclamer son retour, la revoici la revoilà, l'inusable Yaoli, avec cet autre morceau. Bonne écoute !
Enfer et damnation! La censure est à mes trousses!
Je pensais naïvement bénéficier, avec ma connexion internet à l'extérieur de la Chine, d'un privilège incroyable, celui d'échapper à la censure chinoise. Ah ah, quelle erreur! Certes, en tant que laowai, je peux me connecter sans problème à n'importe quel site français. Mais étrangement, il y a des sites auxquels je ne peux jamais me connecter. Et puis c'est vraiment pas de chance, parce qu'à chaque fois il s'agit de sites potentiellement gênants pour le pouvoir de Pékin. Il y a des coïncidences, parfois...
Un petit exemple des sites interdits? Allez, pêle-mêle, Wikipedia, Reporters sans frontières, tienanmenvigil.org, boycottpekin2008.org, ou encore le centre d'histoire sur la République Populaire de Chine de Harvard. Et la liste est longue.
Alors, amis internautes, qui jouissez de l'incroyable(vue d'ici) liberté d'aller surfer où bon vous chante, et si vous avez 10 minutes à tuer, allez faire un tour là: "les blogs de la colère".
Et pour me venger de ces empêcheurs de surfer en rond, demain, j'irai pisser sur les infâmes mascottes des J.O. qui trônent sur la place Tien An Men. Je ne sais pas encore ce qui est le plus moche, la place stalino-glaciale, ou les peluches bisounourso-névrotiques... La réponse demain, en images. A demain, si on veut bien!
Pour commencer, plantons le décor! Ici, mon campus. Il s'agit en fait d'anciens jardins de la famille impériale avec, comme dans tout parc chinois qui se respecte, ses lacs bordés de saules pleureurs et couverts de nénuphars, et ses bâtiments traditionnels élégamment disséminés au gré d'aimables sentiers tout en courbes, ses couples enlacés au bord de l'eau... Amis catcheurs, passez votre chemin! Ici c'est la Chine cucul de carte postale. Enfin, ça c'est pour la partie préservée du campus. Le reste, ça donne plutôt ça:
Nettement moins sympathique, cette espèce de drôle de synthèse entre l'architecture traditionnelle et un stalinisme bien lourdingue... Mais après tout, c'est ça aussi la Chine, cette bizarre synthèse entre le kitsche de bazar et le modernisme à outrance: c'est ça qui la rend si déroutante, et si attachante.
Bienvenue à tous!
Après bientôt deux semaines à Pékin, le loup sort du bois, pour se livrer à vous sur ce blog. J'essaierai de ne pas trop blablater, et de laisser la priorité aux photos. De ne pas vous accabler d'anecdotes personnelles ni de private jokes. Mais qui sait à quelles dérives je peux me livrer, alors n'hésitez pas à me rappeler à l'ordre.
Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je rappelle que je suis ici pour enseigner le français aux petits Chinois. Et c'est parfois assez sportif...
Vos suggestions sont les bienvenues, les commentaires aussi. N'hésitez pas non plus à faire parler de ce blog, il n'est là que pour quelques mois!
Bonne visite
Sylvain
Me voilà donc à Beida, fac la plus prestigieuse de Pékin, ce qui m'attire toujours beaucoup de respect quand je dis que je suis prof là-bas. En fait, Beida, c'est la fac de tous les records en Chine: la plus ancienne, la plus grande BU d'Asie (ça vous en bouche un coin, pas vrai?), mais c'est sans doute surtout le plus beau campus de Chine, avec son lac, ses monuments, ses amoureux, ses saules pleureurs, ses écureuils, et surtout sa porte Ouest, devant laquelle pas un touriste digne de ce nom ne manque de se faire photographier :
Beida, la porte Ouest
Au sein de cette vénérable institution, je suis payé pour parler français, enfin plus précisément pour faire parler mes étudiants. A 20 par classe maximum, tous dociles comme de bons petits gardes rouges, ça devrait être du velours. Erreur! Car d'un côté, l'étudiant en français est dur à la tâche -comme le garde rouge, oui, le même-, persévérant comme le buffle, et du coup, en 2e année, ils te torchent en 2 séances le passé simple, le plus-que-parfait, et conjuguent tous les verbes les plus improbables aux temps les plus désuets sans l'ombre d'une hésitation. Moi qui rame chaque jour pour commander à manger, je fais piètre figure en comparaison...
Par contre, quand il s'agit de prendre la parole... silence de mort dans la salle. Ils sont à peu près aussi volubiles qu'un vase Ming; prenant des airs impénétrables, ils se perdent dans des abîmes de réflexion sur leur feuille. J'ai beau les relancer, les cajoler, rien n'y fait: ils ne desserreront les dents que contraints et forcés.
Du coup, j'ai développé quelques stratagèmes pour ne pas avoir à toujours désigner quelqu'un au pif. Le plus efficace, pour les mettre en confiance, c'est de leur parler de cul. Ils n'ont pas dû y être habitué, parce que dès que je leur raconte les problèmes d'érection de Louis XVI, que je leur parle des maîtresses de Chirac ou même -j'ai osé!- de la Vierge Marie qui se fait cabosser par le Bon Dieu... hé ben étrangement, ils deviennent subitement très coopératifs. A quoi ne suis-je pas réduit...
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