L'enfer, c'est les autres

Publié le par Sylvain

Ca y est, internet remarche, vous aurez à nouveau droit aux accents. Elle est pas belle, la vie?

Me voilà donc de retour de Guilin, dans le Guangxi, au sud de la Chine. Charmante petite localité (à peine plus d'un million d'habitants: un bled, à l'échelle chinoise), Guilin est un des hauts lieux du tourisme en Chine. Ci-dessous, la présentation de la ville par l'office de tourisme chinois:


 

Guilin, une ville culturelle avec une histoire de plus de 2 000 ans, est connue dans le monde entier pour ses paysages tranquilles, ses formations mystérieuses de calcaire, ses collines embrumées et ses bosquets de bambou. La région jouit d’un paysage parmi les plus beaux du monde, et est une des régions de Chine les plus photographiées. La ville de Guilin est située sur le fleuve Li, entourée des formations géographiques exotiques qui semblent évoquer un sentiment mystique chez tous ceux qui y voyagent. Malgré le fait qu’elle est petite et qu’on y vit au ralenti, Guilin a une infrastructure touristique bien développée. Mais c’est avant tout la beauté et la tranquillité de sa situation magique qui est la vraie récompense des visiteurs à Guilin. N’oubliez pas votre appareil-photo!

 


 

Dans les faits, Guilin est une ville complètement gangrenée par le tourisme, et le sentiment mystique qu'on peut y ressentir est à peu près équivalent à celui des visiteurs du Mont-Saint-Michel le 15 août: compressé entre des milliers de personne, alpagué tous les 2 mètres par un marchand de souvenirs, un photographe, un mendiant, un estropié, le touriste se presse de faire le tour du site, remonte dans son minibus climatisé jusqu'au prochain site, et rebelote.

Mais je ne vais pas commencer à cracher dans la soupe: je savais à peu près à quoi m'en tenir quand j'ai décidé de tenter l'expérience. Ce qui était un peu plus inattendu, c'était la compagnie. Le voyage était en effet organisé par le service des relations internationales de la fac, et tous les "foreign experts" (j'aime beaucoup ce titre, allez savoir pourquoi...) y étaient conviés.

Me voici donc embarqué dans une bande on ne peut plus hétéroclite: une Espagnole qui parlait anglais comme les vaches de son pays, une Mongole qui se jetait sur le moindre souvenir et achetait sans l'ombre d'une hésitation les plus improbables saloperies, un Japonais lunatique, mais surtout deux types d'Américains. Dans la première catégorie, des retraités de Nouvelle-Angleterre distingués et malicieux; dans la deuxième, le pire de ce que l'Amérique a jamais produit: un couple de Texans frisant l'obésité, dont le mari est retraité de l'US Air Force, et dont la femme est une new-born christian dont l'enthousiasme frise l'hystérie. Bonjour l'angoisse...

Chaque instant est une occasion pour elle de louer le Seigneur: le bon repas (soupe de serpent, rat de bambou, que du bon, quoi!), la chaleur tropicale ("what a blessing!"), les bibelots des vendeurs de souvenirs ("how wonderful !"), les gentils mendiants qui exhibent sagement leurs jolis moignons...  Au bout de deux jours, épuisé par tant de bons sentiments, j'ai joué au Gaulois: plaisanteries scabreuses (en anglais, s'il vous plaît), allusions homosexuelles et débats sur la guerre en Irak, pouf! tout d'un coup elle m'aimait beaucoup moins...

Au moins, si ce voyage ne m'a pas permis de découvrir une Chine "authentique", il m'a offert, de façon plus étonnante, une immersion dans l'enfer américain... Dépaysement garanti!

En prime, croisière sur le fleuve Li, journée à Yangshuo... Je vous épargne les détails, le reste est dans l'album "Guilin", juste à droite.

 

 


Publié dans lostinbeijing

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isamu 10/10/2006 15:05

Guilin est une ville très jolie, mais il vaut mieux essayer d'éviter les périodes trop touristiques... En même temps c'est pas facile. La dernière fois que j'y était c'est pendant le nouvel an chinois, il faisait froid mais on était penard. A part quelques touristes cantonais, il y avait quasiment que des locaux.