Cuandixia

Publié le par Sylvain


Désireux de quitter un peu la capitale, son bruit et sa pollution, je suis parti en excursion à Cuandixia avec ma pote Emma, dont je vous avais déjà parlé ici. Nous voulions du calme, on n'a pas été déçus! Isolé au fond d'une vallée, Cuandixia est desservi par une unique route fort peu fréquentée. On a cependant eu de la chance : petit village traditionnel Ming à quelque 90 km de Pékin, Cuandixia n'est en effet pas une destination entièrement inconnue de tous. Le village est indiqué dans tous les bons guides, et à Pinguoyuan, tous les chauffeurs de taxis vous sautent dessus pour vous y emmener pour "seulement" 100 yuans.
Mais voilà, c'est l'hiver, et les touristes sont ailleurs ; résultat, nous avions le village pour nous. Au début, c'est un peu flippant d'arriver dans un village où on a décidé de passer la nuit pour apprécier les charmes de la campagne. Et arrivés à 16h, on constate que le village est quasiment désert... Après avoir surmonté un premier mouvement d'angoisse, nous décidons heureusement de rester sur place, et de nous mettre en quête d'un hébergement.
Attention, si vous pensez aller là-bas pour un week-end romantique (ce qui n'étais pas notre cas), changez vos plans, car question hébergement, c'est plutôt rustique. Pas d'hôtel évidemment, mais dans la plupart des maisons, on peut obtenir une place dans un k'ang, les lits traditionnels chauffés, ce qui est très mignon, et très confortable, si on ne fait pas la bêtise de vouloir rajouter du feu pour être encore plus à l'aise : résultat, une nuit passée à rôtir comme des poulets sur ce lit qui avait emmagasiné toute la chaleur... Pour les toilettes, impossible de se tromper : c'est à 2 minutes de marche, il suffit de suivre l'odeur pour trouver les chiottes publiques. Pour le petit pipi en pleine nuit, par -5°, mieux vaut donc prendre ses précautions...

Mais l'ambiance est chaleureuse et calme dans ces maisons à cour carrée complètement préservées, à la fois de la ruine et d'une restauration excessive - contrairement, par exemple, à Pingyao, bien plus rénové. On nous y sert à manger - le meilleur tofu que j'aie jamais mangé, rien que ça - et nous repartons faire un petit tour dans le village et autour, avant que la nuit tombe. une heure après, nous voilà invités à manger par des Chinois dont on se demande un peu ce qu'ils foutent là, et qui insistent absolument pour me faire manger des couilles de taureaux, tout en multipliant clins d'oeil et blagues salaces à l'égard d'Emma...
Le lendemain matin, comme le village est vraiment minuscule, nous sommes partis nous promener dans la montagne. Nul besoin de cartes, les sentiers sont clairement visibles, sans la moindre difficulté, et offrent une vue époustouflante du village encaissé à flanc de montagne.
Alors voilà, si vous voulez vous changer les idées, vous aérer la tête, et en plus pour vraiment pas cher, je ne saurais que vous recommander cette destination. Rien de très spectaculaire, mais c'est le plaisir de la campagne chinoise, où l'on passe le plus clair de son temps à glander avec des inconnus devant des séries historiques à la télé, fumer les clopes infâmes qu'ils vous tendent, et boire du thé pendant des heures... Le bonheur, quoi!

Infos pratiques : pour y aller, il faut commencer à vous rendre à la station de métro Pingguoyuan, terminus ouest de la ligne rouge. De là, quand vous sortez, prenez à droite. Au début, donc, les chauffeurs de taxis qui vous proposent l'aller à 100 yuans par personne. Si vous avez un peu plus de temps, ou moins d'argent, cherchez le bus 929 ? (pas le 929, attention), et attendez-le. En journée, il y en a un à peu près toutes les 1/2 heures (à la louche). Il y en a apparemment 2 par jour qui vous déposent à la porte du village, dont celui qui part à 12h 40. Sinon, pour 7 yuans, il vous emmène à Zhaitang en 2h théorique (qui peuvent se transformer en 3h 30 quand le bus se retrouve coiné dans un embouteillage de camions de charbon...), d'où il faut prendre un taxi (on a payé 15 yuans pour deux, sinon vous pouvez aussi y aller en marchant le long d'une route très calme et très jolie, il y en a pour 5 km et c'est bien indiqué).
Ensuite, à l'entrée du village, réflexe bien chinois, il faut payer le privilège de fouler les vénérables pavés (10-20 yuans par personne). Pour l'hébergement, compter 10 à 15 yuans par personne, et une dizaine de yuans pour un repas. Par contre, attention au retour : le Lonely Planet annonce le dernier bus à Zhaitang à 16h 20, mais en ce moment en tout cas, le dernier est à 15h 20... Voilà, vous savez tout!
Ah non j'allais oublier! Pour les amateurs, le village est recouvert de slogans maoïstes. Malheureusement, ces sagoins-là n'ont même pas été foutus de les traduire en français! Pfff...


Publié dans lostinbeijing

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TRIVAGO-ArthurB 02/12/2007 19:24

whaou je suis époustouflé par la beauté de ces paysages, je ne connaissais pas cet endroit (non répertorié sur TRIVAGO) vous êtes le bienvenu pour venir nous en parler :)
bonne soirée :)
Arthur

annecé 30/12/2006 04:14

les sagoins...!

Emma 18/12/2006 18:15

waou... super de revivre cette épopée avec tes descriptions! les couilles de taureau n'ont pas eu l'effet attendu.. la faute à qui? à Damart bien sûr!  plus sérieusement, c'est sans doute une des plus belles promenades autour de Beijing. Allez-y!